28 août 2026
Le choix d’une technologie de numérisation commence rarement par le scanner lui-même. Il part d’abord d’un projet concret : un bâtiment occupé à modéliser avant rénovation, un corridor ferroviaire à inspecter entre deux périodes de fermeture, ou encore un stock à mesurer avant la fin du mois.
Le scanner est avant tout l’outil qui permet de réaliser cette mission dans les délais impartis et avec le niveau de précision exigé. Le meilleur scanner n’est donc pas nécessairement celui qui offre la plus grande portée, le nuage de points le plus dense ou la précision nominale la plus élevée. Il s’agit plutôt du système capable de produire des données fiables et directement exploitables pour le livrable attendu, dans les conditions réelles du projet.
Ce guide suit cette logique. Il part du type de projet et du livrable attendu, identifie les technologies les plus adaptées à chaque scénario, puis compare les différentes plateformes et les critères techniques à prendre en compte.
Si vous souhaitez d’abord mieux comprendre la technologie sous-jacente, notre guide sur le fonctionnement de la technologie LiDAR présente ses principes fondamentaux. Le présent article se concentre sur le choix de la solution la plus adaptée à votre projet.
Commencez par définir précisément ce que vous devrez remettre à la fin du projet : une maquette « tel que construit » d’un local technique, un plan d’étage, un calcul de volume, une vérification des interférences avec une conception, une surface topographique ou encore un dossier de documentation patrimoniale. Cette première étape permet de déterminer la précision nécessaire, la densité de points réellement utile et, tout aussi important, le niveau de détail dont le projet n’a pas besoin.
De nombreux scanners sont capables de générer des nuages de points très denses, mais tous les projets ne nécessitent pas ce niveau de données. Un plan d’étage exige avant tout une géométrie suffisamment fiable pour être convertie en lignes 2D. Une vérification d’interférences nécessite que le tracé d’une canalisation soit positionné dans les limites de tolérance définies par l’ingénieur. En partant du livrable, la comparaison entre les scanners devient beaucoup plus ciblée.
La question essentielle n’est donc pas : « Quel scanner collecte le plus de données ? », mais plutôt : « Quel système produit les informations requises par le projet, avec la précision attendue, tout en maintenant un niveau d’effort acceptable sur le terrain et au bureau ? »
Les cas d’usage suivants couvrent une grande partie des applications courantes de cartographie 3D. Chaque scénario est associé au livrable attendu, au type de plateforme généralement le plus adapté et aux solutions CHCNAV correspondantes.
| Cas d'utilisation | Livrable attendu | Plateforme adaptée | Solutions CHCNAV |
|---|---|---|---|
| Cartographie intérieure et documentation de l’existant | Nuages de points et plans d’étage d’intérieurs, locaux techniques et espaces confinés | SLAM portable lorsque rapidité, accessibilité et couverture sont prioritaires | RS7, RS10 |
| Scan-to-BIM et construction numérique | Nuages de points exploitables pour la détection des interférences, la vérification et les jumeaux numériques | SLAM portable, complété par des relevés statiques lorsque les tolérances sont plus strictes | RS10, RS7 |
| Inspection ferroviaire et cartographie de corridors | Nuages de points continus le long d’une infrastructure linéaire, reproductibles d’une visite à l’autre | Système monté sur véhicule, complété par un drone pour les zones inaccessibles | AlphaUni 20, AlphaAir 10 |
| Construction d’infrastructures | Surfaces topographiques et détails structurels pour la conception et le suivi d’avancement | LiDAR aéroporté ou système monté sur véhicule selon le tracé | AlphaAir 10 sur X500, AlphaUni 20 |
| Exploitation minière et suivi de terrain | Volumes, surfaces de pente et comparaison de l’évolution du site | LiDAR aéroporté, scanner portable pour fronts de taille et galeries | AlphaAir 6, AlphaAir 15 Pro, RS10 |
| Gestion forestière et environnementale | Hauteur de canopée, estimation de biomasse et modélisation du terrain sous végétation | LiDAR aéroporté, avec altitude adaptée à la couverture requise | AlphaAir 15 Pro, AlphaAir 6 |
| Gestion des réseaux et des actifs | Inventaire géoréférencé des actifs, à l’intérieur comme à l’extérieur | Système monté sur véhicule pour l’extérieur, scanner portable pour les installations intérieures | AlphaUni 20, RS10 |
La description détaillée de ces scénarios, ainsi que les flux de travail et logiciels associés, est disponible sur la page consacrée aux solutions de cartographie mobile 3D et de capture de réalité.
La suite de cet article se concentre sur un autre point : comment identifier précisément le scénario correspondant à votre projet et quels critères vérifier avant de valider votre choix.
Dans les environnements intérieurs, le bâtiment lui-même détermine souvent la méthode de numérisation la plus efficace. Un scanner sur trépied doit être installé, déplacé puis repositionné dans chaque zone, ce qui peut rapidement devenir contraignant dans un bâtiment occupé. Un scanner SLAM portable permet au contraire à l’opérateur de parcourir les espaces en continu. Cette approche peut réduire fortement le temps de capture et facilite le relevé des cages d’escalier, des contremarches, des locaux techniques ou des zones difficiles d’accès. Le livrable est généralement un relevé « tel que construit », sous forme de nuage de points destiné à la planification d’une rénovation, à la gestion des installations ou à un flux de travail Scan-to-BIM.
Lorsque la mission se déroule exclusivement en intérieur, le RS7 constitue une solution particulièrement adaptée. Pour les missions combinant zones intérieures et extérieures, le RS10 intègre le GNSS RTK, ce qui permet de rattacher la trajectoire à un référentiel extérieur connu avant de poursuivre l’acquisition en SLAM à l’intérieur du bâtiment.
Dans un flux de travail Scan-to-BIM, la question essentielle n’est pas uniquement celle de la couverture, mais aussi celle de la tolérance. Un modèle BIM destiné à la détection des interférences doit respecter les tolérances définies par l’ingénieur. Cette exigence détermine si une trajectoire de numérisation mobile suffit ou si certaines zones critiques nécessitent également des relevés statiques plus contrôlés.
Dans la pratique, de nombreux projets combinent les deux méthodes : un scanner portable pour capturer rapidement l’ensemble du bâtiment et une acquisition statique pour les zones où un écart de quelques millimètres pourrait entraîner des conséquences importantes. Cette approche hybride est souvent plus productive que l’utilisation systématique de la méthode la plus précise sur l’ensemble du projet.
Les projets linéaires constituent un cas particulier où la longueur du site peut devenir un avantage, à condition que la plateforme soit capable de poursuivre l’acquisition en mouvement. Une route, une voie ferrée ou un tunnel capturés en un seul passage à vitesse normale de déplacement offrent une productivité difficile à atteindre avec des méthodes statiques. Un système multiplateforme comme l’AlphaUni 20 (AU20) est conçu pour ce type d’application, avec notamment la possibilité d’être utilisé sur véhicule ou sur plateforme aérienne selon les besoins du projet.
Certaines limites doivent toutefois être anticipées. Le système ne capture que ce qui est visible depuis son axe de déplacement. La plateforme doit pouvoir accéder au corridor et la précision dépend non seulement du scanner, mais aussi de la qualité du positionnement GNSS et de la solution inertielle. Les zones inaccessibles par véhicule expliquent pourquoi de nombreux projets linéaires combinent finalement une acquisition terrestre et une acquisition aérienne.
Le choix ne se résume donc pas nécessairement à une opposition entre véhicule et drone. Les grands projets de corridors utilisent souvent plusieurs plateformes en fonction de l’accessibilité, des contraintes de sécurité et du livrable final.
Sur les grands sites ouverts, le choix de la plateforme dépend principalement de la superficie à couvrir et des obstacles présents. Pour les grandes zones à découvert, le LiDAR aéroporté est souvent la méthode la plus efficace, en particulier lorsque le relief, la végétation ou les conditions d’accès rendent les relevés au sol peu productifs. Au-dessus d’une couverture végétale, le LiDAR présente également un avantage important : une partie des impulsions laser peut atteindre le terrain sous la canopée, permettant de générer une représentation du sol là où les méthodes purement optiques rencontrent davantage de limites. Une même plateforme peut ainsi répondre à des applications allant du calcul de volumes à l’analyse de la structure forestière.
Dans la gamme CHCNAV, le choix dépend davantage de la superficie à couvrir et de l’altitude opérationnelle que de la précision nominale. L’AlphaAir 6 convient aux levés aériens courants sur des sites de taille intermédiaire, tandis que l’AlphaAir 15 Pro constitue une solution à longue portée pour les projets de grande superficie où une altitude de vol plus basse imposerait un nombre important de lignes ou de missions. Dans les deux cas, il faut également prendre en compte les contraintes opérationnelles : planification du vol, autorisations, conditions météorologiques et taille minimale du projet permettant de justifier l’utilisation d’une plateforme aérienne.
Une fois le type de projet identifié, quatre questions permettent de déterminer plus précisément le système le mieux adapté.
Les mêmes critères peuvent être analysés du point de vue de la technologie de capture.
| Plateforme | Points forts | Compromis à prendre en compte |
|---|---|---|
| Scanner sur trépied | Référence pour les applications nécessitant une grande précision. L’instrument étant immobile pendant l’acquisition, les mesures ne sont pas affectées par le déplacement de l’opérateur. | Temps de mise en station et répétition. Chaque position doit être installée, numérisée puis alignée avec les stations voisines. Sur les sites complexes, le nombre de stations augmente rapidement. |
| Scanner SLAM portable | Excellente couverture et grande mobilité. L’opérateur parcourt le site pendant que le système estime sa trajectoire et cartographie l’environnement. | La précision dépend de la qualité de la trajectoire et de l’environnement. Les longs couloirs peu structurés ou les tunnels rectilignes offrent moins de repères au SLAM. |
| Système de cartographie mobile sur véhicule | Très forte productivité sur les infrastructures linéaires. Routes, voies ferrées et corridors peuvent être capturés en mouvement continu. | La capture reste limitée aux zones visibles depuis le véhicule et accessibles par la plateforme. La qualité dépend également du GNSS et du système inertiel. |
| LiDAR aéroporté | Couverture de grandes surfaces, accès aux terrains difficiles et capacité de mesurer le terrain sous la végétation. | Nécessite planification de mission, autorisations, conditions météorologiques adaptées et une superficie suffisante pour justifier l’opération. |
Les organisations réalisant régulièrement différents types de relevés finissent souvent par utiliser plusieurs de ces solutions, car aucune plateforme ne peut optimiser simultanément la précision, la couverture, l’accès, la vitesse et le coût dans tous les scénarios.
La précision annoncée dans une fiche technique est généralement mesurée dans des conditions contrôlées que votre projet ne reproduira pas exactement. Cette valeur reste utile pour comparer les instruments, mais la précision du livrable final dépend de plusieurs éléments complémentaires.
En pratique, lorsque deux scanners présentent des performances nominales similaires, il est souvent plus pertinent de comparer leur capacité à contrôler et documenter la qualité de la trajectoire, de l’alignement et du géoréférencement. Pour un projet soumis à des contrôles qualité ou à un audit, cette traçabilité peut avoir davantage de valeur qu’un léger avantage sur une spécification isolée.
Demandez une démonstration sur un site représentatif de vos conditions réelles plutôt que dans un showroom. Si possible, demandez également à examiner les données brutes issues de cette démonstration, et pas uniquement le livrable final. Interrogez le fournisseur sur la précision obtenue lorsque les conditions de trajectoire sont défavorables, et pas uniquement dans un scénario idéal. Demandez comment les problèmes de couverture ou d’alignement sont identifiés sur le terrain, et à quel moment l’opérateur peut les détecter. Vérifiez également qui assure le support technique du matériel et du logiciel, ainsi que la disponibilité de cette assistance dans votre région.
Un scanner laser 3D est avant tout un outil de production. Le bon choix est celui qui correspond au projet, aux conditions du site et au flux de travail du bureau qui exploitera les données. Si vous comparez plusieurs technologies, la gamme CHC Navigation LiDAR et de numérisation 3D comprend des solutions portables, montées sur véhicule et aéroportées. Notre article consacré à la capture de la réalité explique également comment transformer les données capturées en informations 3D exploitables une fois la numérisation terminée.
CHC Navigation (CHCNAV) développe des solutions avancées de cartographie, de navigation et de positionnement conçues pour accroître la productivité et l'efficacité. Au service de secteurs tels que le géospatial, l'agriculture, le contrôle des machines et l'autonomie, CHCNAV propose des technologies innovantes qui donnent les moyens d'agir aux professionnels et favorisent le progrès de l'industrie. Avec une présence mondiale couvrant plus de 140 pays et une équipe de plus de 2 200 professionnels, CHC Navigation est reconnue comme un leader dans le secteur géospatial et au-delà. Pour plus d’informations sur CHC Navigation [300627.SZ], rendez-vous sur : https://geospatial.chcnav.com/about/overview
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